Qu’est-ce que l’épilepsie ?


L’épilepsie est une affection neurologique qui touche toutes les populations du monde. Elle se caractérise par des crises récurrentes se manifestant par de brefs épisodes de tremblements involontaires touchant une partie du corps (crises partielles) ou l’ensemble du corps (crises généralisées). Elles s’accompagnent parfois d’une perte de conscience et du contrôle de la vessie et de l’évacuation intestinale. Ces crises résultent de décharges électriques excessives dans un groupe de cellules cérébrales qui peuvent se produire dans différentes parties du cerveau. Les crises peuvent varier en intensité, allant de brèves pertes d’attention ou de petites secousses musculaires à des convulsions sévères et prolongées. Leur fréquence est également variable, de moins d’une fois par an à plusieurs fois par jour.

Une crise unique n’est pas considérée comme un cas d’épilepsie (jusqu’à 10% de la population mondiale en a une au cours de la vie). La maladie se définit par la survenue d’au moins deux crises spontanées.

Si une grande majorité des personnes atteintes d’épilepsie sont contrôlées par les médicaments, 20% d'entre elles sont pharmacorésistantes. En raison de cette pharmacorésistance, 30% des patients épileptiques partiels seraient candidats à une chirurgie. Entre 30 000 et 50 000 patients seraient ainsi opérables en France. Aujourd’hui, seul un patient sur 100 est opéré.

50 millions de personnes dans le monde en sont atteintes, ce qui en fait l’une des affections neurologiques les plus fréquentes
80% des personnes souffrant d’épilepsie vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire
70% des cas peuvent être traités
3/4 des personnes affectées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne bénéficient pas du traitement dont elles ont besoin
L’épilepsie est une affection neurologique dont on peut souffrir à n’importe quel âge. Les personnes atteintes et leur famille peuvent être confrontées à la stigmatisation et à des discriminations dans de nombreuses régions du monde.

Symptômes


Les manifestations cliniques des crises sont variables et dépendent de la localisation dans le cerveau de la perturbation et de sa propagation.
On observe des symptômes passagers, comme :

  • une désorientation ou une perte de conscience
  • des troubles moteurs ou sensoriels (visuels, auditifs, gustatifs)
  • des troubles de l’humeur ou des fonctions cognitives
     

En cas d’épilepsie généralisée :

La manifestation la plus typique est la crise tonico-clonique. Accompagnée d’une perte de connaissance complète, elle comprend trois phases :

  • La phase tonique s’étend sur 1 à 2 minutes. Elle consiste en une contraction de tous les muscles, provoquant parfois une morsure de la langue
  • La phase clonique dure environ 20 secondes. Elle se caractérise par des séries de contractions musculaires diffuses et irrégulières, avec un blocage de la respiration
  • La phase résolutive correspond à un relâchement musculaire complet. La respiration devient bruyante (ronflement). Parfois, une incontinence peut également survenir
     

Ce type de crise dure au total quelques minutes (moins de dix minutes) et peut occasionner une chute, voire des blessures.
Dans certains cas, les crises généralisées se manifestent différemment, notamment par :

  • des mouvements dits "myocloniques" (secousses musculaires bilatérales et symétriques dont le patient garde le souvenir)
  • une atonie (chute du tonus musculaire), causant un tassement de la personne sur elle-même
  • des absences, qui touchent le plus souvent les enfants et durent 10 à 20 secondes en général
     

Durant ces épisodes, la personne concernée interrompt brutalement son activité. Son regard devient fixe, et elle ne répond plus aux sollicitations de son entourage. Après la crise, elle reprend conscience très progressivement, avec une amnésie complète des événements.

Notre offre thérapeutique

La stéréo-électroencéphalographie (SEEG)

Pour les 20% de patients qui sont phamarcorésistants, la chirurgie est une option de traitement.

La SEEG est une intervention chirurgicale qui consiste à mettre en place, avec une très grande précision, des électrodes dans le cerveau directement au contact de la zone présumée responsable de l’épilepsie.
Ces électrodes enregistrent l’activité du cerveau pour recueillir des informations de qualité afin de localiser avec la plus grande précision les zones responsables des crises d’épilepsie.  Après cet examen, l’équipe médicale peut se prononcer et décider si une chirurgie visant à guérir l’épilepsie est envisageable.

La SEEG utilise à la fois les techniques de l’électroencéphalogramme et de la stéréotaxie (procédé de repérage d’une zone à opérer, dans les trois dimensions de l’espace). Cette démarche permet d’implanter des électrodes sous la boîte crânienne, afin de capter l’activité électrique du cerveau. Ainsi, on peut localiser le plus précisément possible le foyer épileptogène.

La SEEG avec ROSA®

L’utilisation de ROSA® pour réaliser une SEEG mini-invasive permet à l'équipe médicale de comprendre et d'identifier les foyers épileptogènes responsables des crises sans avoir une approche neurochirurgicale invasive. ROSA® permet à l'équipe de cartographier le placement des électrodes en profondeur et de les positionner à travers de petits trous de forage dans le crâne le long des trajectoires planifiées par le chirurgien.

ROSA® permet au chirurgien et au neurologue de planifier sur les imageries du patient la chirurgie, en définissant la localisation d’implantation des électrodes, de les positionner avec précision et sécurité grâce au guidage robotique.

Bénéfices et risques


Bénéfices

  • Une sécurité accrue et une précision augmentée dans le placement des électrodes par le chirurgien
  • Des procédures moins invasives : diminution des saignements, du risque infectieux et de la douleur
  • Une qualité optimale des informations recueillies par les électrodes profondes, très supérieure à celle obtenues par les électrodes collées sur la peau
  • Un temps opératoire plus court que celui d’une chirurgie conventionnelle
  • Une exploration large du cerveau dans les deux hémisphères


Risques

  • Risques classiques liés à toute intervention chirurgicale sensible
  • Risque d’hématome dans 2 à 3% des cas
  • Risque de petites infections de la peau provoqué par l’électrode


Consultez votre médecin pour obtenir une liste complète des bénéfices et des risques, des précautions, des résultats cliniques et d'autres informations médicales importantes relatives à la SEEG.

Dans le cas d’épilepsies pharmacorésistantes, il est possible d’envisager un traitement chirurgical, chez les adultes et les enfants. Il s’agit d’une procédure complexe réservée à des centres spécialisés et expérimentés. Le principe est de pouvoir retirer la région du cerveau qui est à l’origine de toutes les crises présentées par le patient.

Ce type d’opération n’est possible que si deux conditions sont préalablement vérifiées, qui font l’objet du bilan préchirurgical (et qui peut durer plusieurs mois, du fait des précautions nécessaires) :

  • Parvenir à établir de façon certaine que l’ensemble des crises épileptiques présentées par le sujet proviennent d’une seule et même région cérébrale, dont les contours sont bien délimités. Le défaut de respect de cette première condition peut conduire à l’échec thérapeutique, le patient continuant de présenter des crises après le geste chirurgical, en raison de la présence persistante de tissu épileptique.
  • Parvenir à établir de façon certaine que l’exérèse de cette région cérébrale épileptique ne va entraîner aucun déficit neurologique (en dehors de certains déficits peu invalidants qui peuvent être acceptés par le patient avant la chirurgie, comme une amputation d’une partie limitée du champ visuel) ou des troubles neuropsychologique (langage, mémoire)). Il s’agit parfois d’une étape difficile, notamment lorsque la région épileptique est proche de zones fonctionnelles importantes.

La chirurgie ne peut en revanche pas être considérée dans le cas des épilepsies partielles « idiopathiques », dont la grande majorité connait une guérison spontanée.

L’épilepsie peut commencer à n’importe quel âge. Il y a toutefois des tranches d’âge plus à risque, en particulier avant un an et après 60 ans, l’incidence augmentant proportionnellement à l’âge.

Ce qu’il faut faire :

  • noter les heures précise du début et de la fin de la crise, ainsi que toutes ses manifestations,
  • dégager l’espace autour de la personne afin qu’elle ne se blesse pas (en cas de crise convulsive avec chute),
  • protéger sa tête (placer un coussin ou un vêtement plié sous sa tête),
  • desserrer ses vêtements, son col, sa ceinture,
  • enlever ses lunettes si elle en porte,
  • mettre la personne en position latérale de sécurité (PLS) dès que possible,
  • rester auprès de la personne jusqu’à la fin de la crise,
  • rassurer la personne pendant la période de confusion qui peut suivre le retour à la conscience.

 
Ce qu’il ne faut pas faire :

 

  • entraver le déroulement de la crise,
  • intervenir sans nécessité auprès de la personne en crise, qui, dans une semi-conscience, peut percevoir les gestes comme une agression et réagir violemment,
  • transporter la personne pendant la crise sauf si elle se trouve en danger immédiat,
  • lui mettre quelque chose dans la bouche  (doigt, cuillère...),
  • lui donner quelque chose à boire ou des médicaments à avaler pendant la crise.

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